Vous avez dit « workaholic » ? Quand le travail devient une addiction

Publié

Il y a ceux qui rechignent à aller au travail, qui prendraient bien une année sabbatique pour faire le tour du monde, et qui maudissent leur réveil chaque matin. Et il y a ceux qui passent littéralement leur vie au boulot, qui ne comptent pas leurs heures et y retournent le weekend.

Zoom sur le travailleur workaholic, cet accro au travail qui n’est pas pour autant le meilleur employé.

 

Workaholic, qu’est-ce que c’est ?

C’est la contraction de « work » en anglais qui signifie « travail » et de « alcooholic » qui signifie « alcoolique ». On parle de « workaholism ». Les workaholics sont donc des personnes qui développent une addiction au travail. Cela concerne souvent des cadres, des dirigeants, qui n’ont pas d’horaires définis et qui ont des responsabilités, mais pas que. Et cette addiction peut être très néfaste, comme toutes les addictions.

Car oui, être accro au boulot, c’est bien une affection, et pas quelque chose à prendre à la légère. L’employeur pourrait penser qu’un salarié aussi investi, c’est une bonne chose. Et bien, non ! Car comme on dit, « trop c’est trop », et les conséquences sont nombreuses.

 

ACT-UP cabinet conseil rh, recrutement, formation, psychologie du travail

 

Concrètement, que se passe-t-il ?

 

ACT-UP recrutement, conseil RH, formationLe workaholic travaille plus, tout le temps, et ne pense qu’à ça. Il a beaucoup de mal à déléguer, voire l’impossibilité de le faire : il passe donc un temps énorme sur chacun de ses dossiers. Même s’il a un(e) assistant(e), il relit systématiquement tous les documents… Ce perfectionnisme et ce besoin de contrôle poussé à l’extrême lui fait donc prendre du retard.

 

ACT-UP recrutement, conseil RH, formation Même s’il est en retard sur ses dossiers, le workaholic accepte de nouveaux projets, pire, il cherche de nouveaux projets, il veut toujours plus de travail. Comme il court après le temps, il a aussi beaucoup de mal à l’estimer : il accepte des deadlines serrées, en pensant pouvoir les tenir.

 

ACT-UP recrutement, conseil RH, formation Comme il ne peut pas tenir ses délais, il se rabat sur ses collègues, ses collaborateurs. Il les met tous à l’œuvre pour que tout soit bouclé en temps et en heure, en ne réalisant pas que ce qu’il demande est souvent irréaliste, en ne tenant pas compte des délais qu’il donne.

Nous pouvons citer l’exemple véridique d’un chef d’équipe (visiblement workaholic, et pas forcément respectueux non plus…) qui demandait à un de ses collaborateurs un vendredi à 19h de réaliser un important dossier pour le lundi matin 8h, suite à une promesse faite à un client. Le collaborateur fait remarquer à son supérieur le manque de temps pour réaliser le dossier, et voici la réponse de ce dernier  : « Où est le problème ? Tu as tout le weekend pour le réaliser ! ». On se passe de commentaires.

 

ACT-UP cabinet conseil rh, recrutement, formation, psychologie du travail

 

ACT-UP recrutement, conseil RH, formation Le workaholic n’hésite donc pas à mélanger sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Il envoie des e-mails à 3h du matin, va au travail et accepte des rendez-vous le weekend, vient au bureau pendant ses congés… Et exige la même chose de ses collaborateurs : qu’ils soient disponibles, investis et à 200% comme lui. On est souvent dans un mode de management directif, qui emploie la peur et les menaces sans hésitation. La reconnaissance est rarement pratiquée, et les critiques vives et nombreuses. Il y a donc des conséquences sur l’entourage professionnel et personnel du workaholic, d’autant plus que ce dernier est plein d’énergie, et a en permanence un esprit de compétition dans tout ce qu’il fait.

 

ACT-UP recrutement, conseil RH, formation On pourrait néanmoins penser que le workaholic est en fait un bon travailleur, qui est juste un peu trop zélé. Même pas ! Il n’est pas du tout plus performant que les autres, au contraire. Puisqu’il mélange tout, il procrastine souvent. Il pratique donc souvent le présentéisme, qui consiste à être au travail physiquement mais à ne pas avancer sur ses tâches, car on fait autre chose (discussion avec les collègues, navigation sur des sites Internet sans lien avec le travail…)

 

ACT-UP recrutement, conseil RH, formation

Et au final, le workaholic néglige sa santé : il mange mal, dort peu, ne fait pas de sport. Il tombe alors malade physiquement, ou fait un burn-out. Car le workaholic, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’aime pas particulièrement son travail. Ce n’est pas une passion, mais bien une addiction. Il souffre intérieurement, et cette souffrance le pousse à vouloir encore plus travailler pour ne pas la ressentir. La boucle est bouclée.

 

ACT-UP cabinet conseil rh, recrutement, formation, psychologie du travail

 

Que faire ?

Pour les proches ou les collègues, il faut faire attention à tous ces signes dont on vient de parler, qui peuvent alerter sur une addiction éventuelle au travail. Et aborder les choses avec tact : le workaholic ne réalise pas ce qui lui arrive.

Et souvent, quand il se rend compte de son addiction, les conséquences sont déjà nombreuses. Mais mieux vaut tard que jamais ! Et comme beaucoup d’affections mentales, le mieux est d’en parler. Une association a d’ailleurs vu le jour aux États-Unis : les Workaholics Anonymous, qui fonctionne comme les alcooliques anonymes, avec des rencontres régulières en groupe. Ce mouvement est aussi présent en France, à Paris via l’association Work Anonymes.

Quelques principes de base peuvent aussi être appliqués afin d’éviter de sombrer dans le workaholism : déconnecter le travail et la vie personnelle, apprendre à lâcher prise, à bien gérer son temps, et s’affranchir du « qu’en dira-t-on ».

Mais entre la théorie et la pratique… Plus facile à dire qu’à faire, surtout dans le monde du travail.

 

 

Encore plus d'articles

PARTAGER CE CONTENU

2 réflexions au sujet de « Vous avez dit « workaholic » ? Quand le travail devient une addiction »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *